Le gros, le maigre et le chevelu

Le gros, le maigre et le chevelu

Ils étaient contents, les spectateurs de l’Opéra, de retrouver leurs étoiles et de se défouler par huées et acclamations. Quelle soirée bruyante des deux côtés de la rampe ! L’entrée en scène des auteurs du nouveau ballet “aor”, le trio des copains Igor Wakevitch, Jean Michel Jarre et Norbert Schmucki (soixante-deux ans à eux trois) a soulevé l’hilarité d’une partie de la salle. Il faut dire que physiquement, c’est un choc. Il y a un gros, un maigre et le sosie chevelu d’Antoine le chanteur.

Igor, le gros (fils du décorateur), c’est le compositeur sérieux : sa musique est tout ce qu’il y a de symphonique et il utilise l’orchestre avec ampleur.

 

Norbert Scmucki (le maigre ), JMJ (le chevelu ), Igor Wakevitch (le gros ) Photo Serge Lido (merci à la bibliothèque de l'Opéra Garnier)

Norbert Scmucki (le maigre ), JMJ (le chevelu ), Igor Wakevitch (le gros ) Photo Serge Lido (merci à la bibliothèque de l'Opéra Garnier)

L’avantage de sa partition est qu’étant inconnu on ne peut juger des erreurs, tandis que dans “Etudes” ou “Boléro” ouvrant et fermant le spectacle, quel manque d’enthousiasme dans la fosse ! Peut-être les musiciens étaient-ils vexés d’avoir été supplantés dans une grande partie du ballet “Aor” par la musique électronique de Jean Michel Jarre (fils de Maurice).

Son salut fut diversement accueilli par ceux que l’électronique et ses pétarades agacent. Personnellement cela m’amuse plutôt. Enfin ce fut l’entrée de Norbert Schmucki la plus attendue, la plus huée et la plus applaudie puisqu’il signe à la fois l’argument, la chorégraphie, le décor et les costumes.

“Aor” est une version de Salomé. Si on ne lit pas le programme, il est possible de ne pas s’en apercevoir. A première vue c’est une dame bien faite, folle de son corps (Claude Bessy) qui a envie d’une boule de verre (Norbert Schmucki est très attiré par l’occultisme). Cette boule de verre est le symbole de la tête de saint Jean-Baptiste, il n’ya pas non plus de danse des sept voiles, mais des sept tentations concrétisées par les couleurs de l’arc-en-ciel, l’indigo étant la pureté, le rouge la sensualité, etc. Ce qui permet aux étoiles de se différencier. Christine Vlamy, mante religieuse jaune est merveilleuse et Brigitte Lefèvre, comme toujours apporte son étonnante présence.

Jacqueline Cartier.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.